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Les Grands

Vianney Lebasque, un réalisateur heureux

Interview

Les Grands
Les Grands

Hugo, Yliès, Avril, MJ, Kenza et Boogie  sont des grands. Nous avons fait leur connaissance en 3e, puis ils ont découvert une nouvelle vie en entrant au lycée.
On les retrouve pour la troisième et dernière saison. Du temps a passé depuis leur sortie scolaire à Amsterdam.
Chacun s'est retrouvé confronté à lui-même et a dû faire des choix. Dans leur vie d'ado, dans leur rapport au sexe, ils ont tous franchi une étape et ont à leur façon grandi.

Vianney Lebasque qui réalise la série a choisi de clore l'histoire avec une ellipse de deux ans.
Nos grands sont en terminale, mais pourquoi ?
Vianney Lebasque
:
L'ellipse était naturelle. On les a découverts en 3e au collège, puis on a suivi leurs premiers pas au lycée en seconde. La suite de la seconde ne me semblait pas intéressante. Alors qu'après la terminale on se sépare. Chacun fait son chemin et ses choix pour son avenir.
On voulait les faire entrer dans la vie active comme des adultes, d'où le choix de ces deux ans entre les deux saisons.
Et puis aussi on voulait une vraie conclusion, alors on a commencé l'écriture par la fin pour bien boucler la série.
Le fait qu'ils aient 18 ans vous a-t-il permis de changer leur vision de la vie ?
D'une manière inconsciente, ils ont mûri. Lorsqu'ils sont réunis dans la grande maison au bord de la plage, ce qui est beau c'est le regard que pose Humbert sur eux. Il sait qu'ils sont en train de changer, mais qu'ils ne s'en rendent pas compte. Il sait qu'ils sont en train de devenir les adultes qu'ils seront 30 ans plus tard.

Pourquoi la série a-t-elle connu ce succès auprès des jeunes ?
Les jeunes se reconnaissent dans Les grands car elle n'exprime pas le point de vue des adultes.
On est à la hauteur des personnages. On montre les jeunes d'aujourd'hui tels qu'ils sont.
Nous ne sommes pas des moralisateurs, même quand on fait délirer un personnage et qu'on lui fait prendre de la drogue en classe.

Facile de convaincre des chaînes de diffuser cette série à une heure de grande écoute ?
Les parents aiment bien penser que leur ado n'est pas comme cela, que ce sont des petits anges. Mais nous voulions montrer qui sont les jeunes d'aujourd'hui. Les diffuseurs ont changé. Ils sont moins frileux.
OCS nous a laissé une liberté totale et n'a pas demandé un seul changement de plan de montage.
Comme tout allait bien dans l'évolution des personnages, ils étaient contents du résultat. Et puis ce genre d'histoire permet d'instaurer un débat, de discuter et de réfléchir.

Il y a un épisode tourné entièrement en plan séquence. Un pari ? Un défi ?
Il y a 3 raisons à cela. J'adore les plans séquence, j'ai été marqué par le film de Sébastian Schipper Victoria tourné en une seule séquence de 2h14. L'immersion ressentie permet de meiux connaître les personnages. Il y a un côté plus sensoriel que narratif.
Je savais que les comédiens étaient capables de le faire pour que cela donne l'impression d'être vraiment à la soirée avec eux.
Enfin,  je pouvais compter sur l'équipe technique. J'étais bien entouré. C'était génial de relever le défi.
Il nous a fallu deux jours de répétition. Un avec les comédiens, le second avec les techniciens. Tout a été tourné en caméra à l'épaule, pour plus de fluidité.
Et le 3e jour on s'est lancé dans l'aventure. On a fait 5/6 prises car il a fallu se caler avec les figurants.
Sur les 13 prises au total, 4 étaient exploitables. On a gardé celle où le jeu était le meilleur.

La musique d'Audrey Ismaël et Damien Burger est très importante. Elle a d'ailleurs été récompensée à La Rochelle
La direction musicale est en effet très précise.
La saison 1 était plutôt électro, la saison deux plus sous tension. Pour la 3e on a intégré des guitares. On s'est amusé à donner un côté folk. Nous avions aussi une grande ambition sur la musique du dernier épisode. Il ne fallait pas le rater.
Avec cette saison 3, Audrey et Damien ont pu montrer une nouvelle facette de leur travail. De leur talent.
(La bande originale des 3 saisons sortira en version digitale le 22 novembre).

Quand on a vécu 3 ans avec les Grands, on les quitte comment ?
On part loin, à l'étranger (Rires, Vianney s'est isolé à Copenhague pour écrire).
La fin était très joyeuse, même si nous étions tristes de nous quitter. Mais une série OCS doit être un tremplin. On ne doit pas s'installer.
On a beaucoup travaillé et on a pris « vachement » de plaisir à le faire.
Avec Joris Morio et Victor Rodenbach, les deux autres scénaristes, nous sommes contents si on s'accroche à eux. J'aime mes personnages, je voulais transmettre cet affect que j'ai pour eux. On les a vus grandir, on a tous des amis comme eux.
La dernière saison sort du cadre scolaire. On est sorti du collège, du lycée.
A eux de découvrir la vie.

La série les Grands a obtenu 2 prix au 21e Festival de Fiction TV de La Rochelle :
Le Prix de la Musique pour Audrey Ismaël et Bastien Burger et pour la seconde fois celui des collégiens de la Charente Maritime
Diffusion tous les jeudis de novembre à 20h40 sur OCS Max. Les autres saisons sont disponibles en intégralité sur OCS à la demande
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