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Jérôme Bonaldi

Interview

Le mag de la science pour apprendre et comprendre

Tous les dimanches à 19h

Jérôme Bonaldi
Jérôme Bonaldi

Jérôme Bonaldi a toujours été un peu le Géo Trouvetou de la télévision. Il a écrit les grandes heures de Canal Plus dans "Nulle Part Ailleurs" aux côtés de Philippe Gildas et Antoine de Caunes. Puis il a volé de ses propres ailes avec sa propre émission. Entouré d'une bande de chroniqueurs, il décrypte l'actu sous tous les angles, apportant son grain de folie, autre marque de fabrique du personnage.
Aujourd'hui sur SCIENCE & Vie TV, il continue d'explorer le monde, la science et les technologies d'hier et de demain, dans un réel état d'esprit de partage.

Comment passe-t-on des études de mathématiques au journalisme ?
Parce que comme tu aimes les mathématiques, tu as envie de partager. Donc soit tu deviens professeur, soit tu deviens journaliste. À l'époque où j'ai débuté, on n'expliquait pas les choses du quotidien. Tout le monde parlait de l'essor des centrales nucléaires, mais personne ne savait comment elles fonctionnaient. Pourquoi un allume-cigare sait qu'il est à la bonne température pour s'éjecter ? Comment une tartine dans un grille-pain sait qu'elle est à point ? Je pouvais enfin appliquer les sciences apprises à la technologie naissante. Mais il fallait d'abord que je fasse mes armes sur d'autres sujets et je suis devenu reporter sur France Inter.

Loin de la passion scientifique ?
Oui, quand on bosse aux infos générales, on passe d'un déraillement de train à un viol, de Jacques Mesrine à la chute de N'Djamena en Afrique.
Du coup, je prenais mon temps pour aller au 36 quai des Orfèvres glaner des infos sur Action directe, sur Jean-Marc Rouillan  qui avait commis des actions terroristes dans les années 70. C'est comme cela que j'ai fait son interview. Mais mon quotidien était loin de ce qui me passionnait vraiment.

Et ?
En 1984, à France Inter on ne citait pas les marques. Je lisais sous le manteau le journal Stratégie, car pour moi la culture c'est aussi Petit Bateau, Solex et autres marques de l'époque.
En arrivant à Canal sur la matinale que très peu de gens regardaient, j'ai pu raconter l'actu à travers le prisme des marques. L'usine Pampryl était en grève et allait très mal. Ils produisaient toujours des jus de fruits mais dans des bouteilles en verre. Ils avaient raté le virage du Tétrapack. Pour expliquer ce conflit social j'ai montré des bouteilles d'Oasis et de Banga pour leur modernité et notamment le bouchon refermable et la possibilité de réutiliser la bouteille comme une gourde...
Pour les briquets Flaminaires qui exportaient beaucoup j'ai expliqué que la volatilité du prix du dollar pouvait mettre en danger toute l'entreprise.
Bref, j'ai prouvé que les objets du quotidien pouvaient relever de la sociologie, du marketing et aussi de la technologie.

Le monsieur gadget de Canal Plus victime de l'effet Bonaldi ?
Je jure sur la tête de ma mère que je ne l'ai jamais fait exprès. J'ai un trop grand respect des objets pour cela. Si cela ne fonctionne pas, je n'y suis pour rien. Aux répétitions tout allait bien. En direct c'était souvent la catastrophe.
C'est ce qui a forgé le personnage et mes comparses en ont bien rajouté. La seule fois où je l'ai fait exprès, je peux le dire, il y a prescription, c'est pendant le Festival de Cannes. Tous les jours je faisais une arrivée spectaculaire sur le plateau. J'ai volontairement sabordé celle en deltaplane pour finir dans l'eau, sinon je me serais écrasé dans le décor.

Le magazine de la science ?
Je prends autant de plaisir qu'à l'époque de Canal. Avec plus de libertés. ici pas de stars ni de chasse aux scoops. On a du temps pour expliquer les choses, ce qu'est une exoplanète par exemple.
Du coup, on prend les bons scientifiques, pas forcément les plus connus, mais on cherche et on trouve le mec génial.
Chaque semaine, on fait une émission scientifique et grand public avec des infos vraies et justes comme par exemple, trop de propreté nuit à l'homme. Les enfants des campagnes qui tous les jours sont dans la nature face aux microbes et aux bactéries sont plus résistants que les enfants des villes hyper protégés qui tombent malades dès qu'ils sont exposé à une source de maladie !

Heureux donc ?
Oui, car avec cette liberté de ton et de style, tout ce que l'on fait hors antenne se voit à l'antenne. On ne triche pas !

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