Le Mag TV

Le mois des aventuriers

Rencontre avec Matthieu Tordeur, le "Tintin" de l'impossible

En janvier

Une fois de plus, Denis Brogniart pose ses bagages sur Ushuaïa TV pour un mois spécial consacré aux aventuriers et explorateurs. C'est l'occasion de découvrir ces héros des temps modernes au travers de documents passionnants, inédits et primés. Seuls, ou en équipe, ils vous entraînent dans leur soif d'exploits et de découverte.

Rencontre avec Matthieu Tordeur qui, après avoir relié le Pôle Sud en solitaire ou traversé le Sahara en solex, s'est engagé en ces temps de pandémie, sur la "Haute Route" qui va de Chamonix à Zermatt, dans les Alpes françaises et suisses.

Matthieu, d'où vous vient cette passion pour l'aventure ? Vous avez fait de grandes écoles à Londres et Paris, mais il n'y a pas d'école d'aventurier !
Non, il n'y a pas d'école, mais avant même le CP, alors que je ne savais pas lire, j'étais très impressionné par Tintin et toutes ses aventures. C'était une fenêtre ouverte sur le monde.
Puis, j'ai grandi et j'ai compris qu'on pouvait avoir des vies différentes.
J'ai poursuivi mes études afin d'avoir une bonne formation de base, pour rebondir si jamais cette autre voie que j'allais emprunter ne marchait pas.
L'aventure a commencé après le Bac, j'ai décidé de traverser l'Europe à vélo à raison de 5 à 6 heures par jour. Aller jusqu'à Istanbul en Turquie a été le déclencheur.
Puis, j'ai suivi un parcours étudiant académique jusqu'au Master avec chaque année 4 mois de vacances que j'utilisais pour ma passion.
Mon âme, je l'ai forgée avec le vélo, puis l'Atlantique à la voile, cette force de faire m'a donné plus confiance en moi. Je ne voulais pas regretter plus tard de ne pas avoir accompli certaines choses.

L'aventure, qu'est-ce-que c'est ?
C'est quand on part dans quelque chose de nouveau. Paul-Émile Victor disait : "dans l'aventure, il ne faut rien laisser à l'imprévu, mais tout est imprévisible". Il faut savoir s'adapter, parer à l'imprévu, parfois il faut revoir ses plans. On ne sait pas toujours où on va et ce qui va se passer. Parfois, on a des craintes, parfois on a peur. Jean-Louis Etienne dit : "on ne repousse pas ses limites, on les découvre".
Puis, l'aventure c'est aussi partager son vécu, transmettre aux autres ce qu'on a vu. C'est dans la tradition des aventuriers, depuis les premiers qui partaient, mais qui revenaient aussi pour témoigner.

La Haute Route, pourquoi cette aventure ?
Dans un contexte de pandémie et des frontières fermées, avec Cédric Gras écrivain et voyageur, Lise Billon, guide haute montagne, Inès Dussaillant, glaciologue et Christophe Raylat, le réalisateur, nous nous sommes dit, si on ne peut pas voyager, il n'y pas besoin d'aller bien loin pour se dire aventurier. Le projet de suivre cette Haute Route qui va de Chamonix à Zermatt avait aussi pour but, en dehors de l'exploit, d'aller mesurer la fonte des glaciers. En dessous de 3000 mètres, ils sont tous en train de reculer. Et cela se passe dans nos Alpes. Ils perdent de leur masse et c'est un véritable afflux d'eau qui se déverse dans les rivières, bouleversant au passage l'environnement écologique. Enfin, ces glaciers sont des régulateurs climatiques, ils réfléchissent le soleil et protègent à leur manière la Terre du réchauffement climatique.

Le refuge du Grand-Saint-Bernard ?
C'est un endroit atypique avec une communauté de religieuses qui est là depuis 1000 ans ! Elles accueillent tous les voyageurs qui passent. Et on se sent paumé au milieu de la montagne avec quand même une atmosphère chaleureuse. Après une journée de marche dans le froid, cette chaleur humaine donne l'impression d'être hors du temps.
 
Le voyage ?
Difficile, mais chouette. Les cinq personnes de notre équipe ne se connaissaient pas, mais une certaine camaraderie s'est vite installée. On était tous des inconnus au départ et on se quitte en étant copains. Ce genre d'aventure intense est à la fois instructive mais aussi humaine.
 
Ce mois des aventuriers, c'est aussi pour prendre conscience de l'état de notre planète. Diriez-vous que vous êtes un lanceur d'alerte ?
Je ne suis pas un spécialiste du climat ou de l'environnement. Je fais de la vulgarisation de la science. Par nos récits, nous donnons des clés pour comprendre. Je constate que nos aventures attirent l'attention. De fait, j'essaye de faire le lien entre les scientifiques et le grand public pour le sensibiliser sur l'urgence climatique.
Et ce mois des aventuriers sert aussi à cela. Grâce à son fabuleux catalogue de documentaires, Ushuaïa peut aborder tous les sujets. Il est primordial, voire essentiel de le faire.

Matthieu Tordeur devrait, si tout va bien, repartir à l'aventure en avril prochain, au Pôle Nord cette fois-ci, avec pour objectif notamment de faire des prélèvements de carbone.

Les six soirées avec Denis Brogniart

Soirée L'aventure au féminin
Le vendredi 7 janvier dès 20h45 :
Lettre au Baïkal (inédit) à 20h45
Alaska-Patagonie : La grande traversée à 21h45
La vie cachée en Antarctique à 22h40

Soirée sur les traces des écrivains
Le lundi 10 janvier dès 20h45
:
L'appel du grand Nord à 20h45
Six mois de cabane au Baïkal à 21h45
Vers les monts célestes avec Cédric Gras à 22h40

Soirée Papouasie, terre d'exploration
Le lundi 17 janvier dès 20h45
:
Seb en Papouasie, la vraie aventure
Papouasie, un dernier Eden à 22h20

Soirée Plongées fantastiques
Le lundi 24 janvier dès 20h45
:
Lumière sous l'Arctique
Orda, plongée au centre de la Terre à 21h45

Soirée L'aventure en solo
Le mercredi 26 janvier dès 20h45
:
Wallmapu (inédit)
Blutch à 21h45

Soirée Complètement perchés
Le lundi 31 janvier dès 20h45
:
La Haute Route au fil des glaciers, inédit à 20h45
Dirtbag, la légende de Fred Beckey à 21h45


Rendez-vous sur Ushuaïa TV, canal 123 de la TV d'Orange.

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