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Frédéric Viard

Du rugby au tennis, il n'y a qu'un pas... Rencontre avec un passionné multisports

Interview

Frédéric Viard
Frédéric Viard

Le tennis est un incontournable sur beIN SPORTS. La chaîne diffuse la quasi totalité des tournois. Rencontre avec Frédéric Viard, le responsable de cette discipline.



Rugby, tennis, vous avez différentes casquettes, comment cerner le personnage ? Qui êtes-vous ?J'ai toujours eu une double casquette. Quand j'ai commencé ma carrière à Eurosport en 1992, je m'occupais du tennis et du rugby. C'est Hervé Duthu qui m'a mis le pied à l'étrier pour le tennis, il m'a beaucoup accompagné jusqu'à ce que je puisse voler de mes propres ailes. C'est le rugby pourtant qui m'a fait atterrir à Canal +. Ensuite, en 2002, à la création de Sport +, je me suis remis aux commentaires pour le tennis. Et lorsque beIN SPORTS a acquis les droits des Coupes d'Europe de rugby, on a fait appel à moi et me voilà désormais responsable tennis et au commentaire des grandes affiches de rugby, deux sports que j'apprécie !

Vous êtes le Jean Gachassin (ancien joueur de rugby et ex-président de la Fédération de Tennis) de beIN SPORTS

-Rire- Oui, nous partageons tous les deux les mêmes passions. C'est bien de pouvoir pratiquer ou d'avoir pratiqué deux sports qui sont aux antipodes l'un de l'autre. Le premier est collectif, le second est beaucoup plus individuel.  Mais ils forgent tous les deux un caractère. Cela change la vision du sport et cela nous aère la tête. Cela nous fait du bien.

Revenons au tennis, qu'est-ce qui fait la différence dans le style Viard ?
UUn style, je ne sais pas s'il y en a un, une différence non plus. Je transmets juste le plaisir que j'ai à suivre un match. Je comprends la dramaturgie d'un match, les temps forts et les temps faibles et j'essaie de restituer tout cela dans mes commentaires. Je fais sérieusement mon boulot sans me prendre au sérieux. En matière de sport à la télé, les gens viennent pour prendre du plaisir. S'ils regardent un débat politique c'est pour se faire une opinion, pareil s'ils regardent un documentaire, c'est pour s'instruire. Le sport, lui, est vecteur de plaisir. Même si parfois des enjeux politiques se nouent autour, il reste un spectacle.
Les gens viennent pour le match, pas pour moi. Il faut savoir s'effacer tout en les accompagnant. Pour cela il faut beaucoup se préparer. Je l'ai appris avec Thierry Gilardi qui ne partait pas sur un match sans ses fiches. Il y écrivait tout, sur le match, mais aussi sur les possibles anecdotes politiques ou culturelles liées au pays dans lequel il se trouvait.

Le tennis sur beIN SPORTS ?
C'est l'un des piliers de la chaîne. Il est constitutionnel ! Certes, il y a le football, les sports US,  mais il y a aussi et surtout le tennis, en plus nous avons vu grandir certains joueurs et nous en accompagnons d'autres sur leur fin de carrière. Il manque à notre tableau Melbourne, Roland Garros et l'US Open au niveau des tournois du Grand Chelem, et les Masters 1000 de Monte-Carlo et de Bercy. Mais nous avons les droits pour tout le reste du calendrier masculin et féminin.

Court central, l'émission et les matchs, y a-t-il un esprit d'équipe ?

J'ai toujours attaché beaucoup d'importance à l'esprit d'équipe. Quand je suis arrivé à beIN, l'équipe a évolué. Il faut une bonne entente car nous restons longtemps à l'antenne. Parfois, comme à Wimbledon, nous vivons ensemble 24h/24. Il faut donc qu'il y ait une bonne humeur et qu'elle transpire à l'antenne. Que ce soit avec les consultants comme avec Charlotte Gabas ou Thibault Le Rol. On doit être efficaces, des journalistes au chef d'édition, en passant par les commentateurs.

À l'approche de la Coupe Davis, que penser des joueurs français ?
On est une nation moyenne en matière de tennis. On a eu des Gasquet, Tsonga, Monfils dans le Top Ten, puis le Top 20 et là, plus personne. Ils n'ont pas eu la carrière qu'ils auraient dû avoir. Joe a gagné des masters 1000, ils ont tous gagné des tournois prestigieux. Mais quand ils ne sont plus là, on voit la différence. Ils ont peut-être étouffé la génération montante. Lucas Pouille a un énorme potentiel et beaucoup de talent, mais il n'est que 25e mondial. C'est fort, mais pour le public, c'est moyen. Que ce soit chez les garçons ou les filles, il va falloir attendre !

Le dispositif de la Coupe Davis ?

Énorme ! Nous sommes le diffuseur pour la France. Nous diffusons les images pour tout le monde. En plus c'est la dernière coupe avant que les règles ne changent.
Charlotte Gabas sera à Lille dès le mardi pour nous faire vivre avec les Bleus les derniers préparatifs et suivre les entraînements.
Et puis nous serons tous sur place avec Thibault Le Rol Mary Patrux, Lionel Roux, Fabrice Santoro, Sébastien Grosjean et Tatiana Golovin.
Nous serons en direct du vendredi au dimanche, à partir de 13h30, avec des débriefings 30 minutes avant le match, puis ensuite des analyses et des commentaires d'après jeu.
À Lille, nous allons assister au 2e France/Croatie de l'année, je crains hélas que cela ne se solde pas par un 3-0 !
Sur le papier, nous sommes loin d'être favoris même si la terre battue indoor peut gêner les Croates. Borna Coric et Marin Cilic sont d'excellent joueurs.
Face à eux, les Français devront entrer dans l'arène comme des gladiateurs. Ils auront la chance d'être soutenus par un public lillois au Stade Pierre Mauroy !